21 mai 2010
CHALLENGE DAPHNE DU MAURIER
J’ai un jour lu Rebecca, mais pour tout confesser, je n’en ai qu’un assez vague souvenir. C’était bien, mais un peu vieillot à mon goût. J’aime les romans historiques, mais là, la petite souffre-douleur écrasée par le poids du souvenir de feu Rebecca, j’ai eu du mal à m’identifier. Je lui aurais volontiers flanqué mon pied aux fesses à la narratrice, et encore plus à l’intendante mal embouchée qui prenait un peu trop de liberté, sans parler du pauvre type qui ne se rend compte de rien autour de lui. Non, non, là c’était trop pour moi ! Je préfère les héroïnes à poigne, ou faussement ingénue.
Alors pour ce challenge Daphné Du Maurier, je n’allais certainement pas relire Rebecca, j’ai préféré un titre que je ne connaissais pas du tout Le vol du faucon. Et là j’ai plus aimé, sans adoré tout de même (modération j’écris ton nom)
Le résumé :
L’action débute à Rome dans les années d’après-guerre, un groupe de touristes anglo-saxons est mené par un guide italien, Armino Fabbio. Par hasard, 2 touristes le mènent à une vieille mendiante, en qui il croit reconnaître une personne chère. Son passé douloureux remonte à la surface, et le submerge quand il apprend le meurtre de la mendiante le lendemain matin. Armino décide de retourner dans sa ville natale Ruffano, éclaircir le mystère de cet assassinat. Sur place, il va devoir régler des comptes avec ses propres fantômes et ceux de la ville.
Mon avis :
Comme dans Rebecca, le lieu d’action du roman tient un rôle à lui seul. Ici il s’agit de Ruffano, ville plus ou moins imaginée du centre de l’Italie, typique de la région : ville fortifiée située au sommet d’une colline, dominée par une citadelle ou un fort, rues étroites et labyrinthiques très escarpées, qui se glorifie de son passé historique, partagée entre mer et montagne. Un coin que je connais un peu puisque Chéribibi y a ses origines, la description de la ville et de sa mentalité est très juste et ça m’a bien plu.
L’intrigue repose principalement sur l’affrontement du passé et du présent. L’Italie revient sur son passé fasciste, à travers le personnage de la mère du narrateur. Ruffano se déchire entre tradition et modernité à travers l’affrontement des 2 clans de l’université locale. Tout comme le narrateur va voir ressurgir ses souvenirs d’enfant sublimés et devoir les confronter à la réalité, les écorchant au passage bien évidemment.
Il y a un peu de Caïn et d’Abel dans cette histoire. Les rapports fraternels sont complexes, entre amour, soumission, fascination, jalousie. Le narrateur se pose en souffre douleur encore une fois (Serait-ce une constante chez Du Maurier ?), mais là il est moins gnangnan. Il y a plus de maturité et de détachement en lui, même si parfois, il est proche de l’insupportable. Le frère ressuscité est bien évidemment plus trouble, on ne sait pas trop quoi penser de lui, pour finir par l’absoudre quand les secrets seront dévoilés.
J’ai aimé la façon dont on voit évoluer la pensée du narrateur, du regard de l’enfant balloté, presque sacrifié, qui peu à peu commence à comprendre les fêlures de sa famille, à l’adulte qu’on le sent devenir et qui pardonne.
Le roman fait souvent référence au catholicisme, du surnom du narrateur « il beato » au dénouement final très justice divine et moralisateur. Ca peut être gênant, pour moi ça ne l’était pas trop, mais on sent bien le poids des conventions d’une autre génération (le livre a été publié pour la 1ère fois en 1965).
Le suspens est bien ficelé, l’auteur nous envoie sur plusieurs pistes avant de nous dévoiler le mystère final.
Ce que j’ai moins aimé, ce sont les femmes sont un peu réduites à l’état de clichés (mère ou putain, enfin surtout la dernière -hum hum) au départ. Elles se dévoilent par la suite, mais elles restent minoritaires dans l’intrigue (je comprends pourquoi Hitchcock était fan de l’auteur, c’est un peu misogyne tout ça).
Bref un polar classique dans la forme, moins convenu dans le fond. Il peut même déclencher quelques questionnements sur soi-même, son passé, les rapports troubles avec sa famille, le regard que l’on a sur ses parents. A lire surtout pour voyager dans l'Italie d'après-guerre.
C'était ma participation au challenge Daphné Du Maurier d'Océane. Je ne pousserais pas le devoir jusqu'à lire un autre roman de DDM, j'ai l'impression qu'elle aimait bien la godiche, et moi pas trop...
Commentaires
Ah c'est bizarre, j'ai lu Rebecca, et je ne l'ai pas trouvé si godiche que ça. C'était une femme de son époque, surtout...
Je pense en lire un autre pour continuer le défi d'Océane, je ne sais pas encore ce que je vais choisir...que de possibilités...![]()
Tu as vu les différentes adaptations par Hitchcok d'oeuvres de Daphné du Maurier ? Cela en vaut la peine.
Je n'ai pas lu celui ci, je le ferais avec plaisir, en ayant en tête ton avis
![]()
Merci de ta participation ma poulette !
pfff... y'a ma jumelle cosmique qui m'a inscrite à l'insu de mon plein gré au challenge... je suis bien dans la meumeu, moi, maintenant... surtout que, comment dire... j'avais Rebecca, chez moi, mais je pense que je l'ai refourgué à ma grand-mère (par contre, le film, je l'ai et je l'aime...).. L'auberge de la jamaïque doit trainer quelque part au fond d'une malle chez mes parents...
(jamais je fais une explication de texte aussi longue... jamais... )
Je me souviens de ta critique Kahlan, mais c'est vraiment l'impression qu'il me reste de Rebecca, j'avais même failli l'abandonner en court de route tellement la narratrice m'agacait.
J'ai vu les oiseaux, Chouyo, qui est une adaptation d'un roman ou d'une nouvelle de Du Maurier, il m'a collé une frousse terrible. Pas vu Rebecca, par contre, mais j'ai du mal à voir les films d'Hitchcock, ils me font peur vraiment. Les quelques films que j'ai vu de lui, après je me fais des flips, du style attaquée par des corbeaux en folie...
De rien mamzelle Océane.
Même avec une mini explication de texte, je lirais ton avis, Day. Je me suis un peu cru en cours de français...oups !
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